Voici restitué ici le récit que Barachiel, Seigneur des Cieux, a fait sur l'Innomable auprés des héros :
« La Guerre Sanglante a fait plusieurs milliers, voire millions, de victimes depuis des millénaires alors qu’elle fait rage dans les plans inférieurs, mais aussi à travers tout le Multivers. Diables et démons se battent sans cesse depuis des temps immémoriaux afin de s’arroger le contrôle des plans inférieurs. Bien souvent ces ravages sont loin de beaucoup de gens et, à part pour les historiens, cela n’alimente pas trop les conversations.
Il y a deux raisons principales à cela :
Premièrement la Guerre Sanglante ne concerne directement que « très » peu de monde. A part les deux protagonistes des Abysses et des Enfers, personnes ne s’y intéresse personnellement ou bien est impacté par le conflit.
Deuxièmement les gens imaginent, à juste titre, que cela a été, est et sera, quoi qu’ils fassent et que cela garanti un équilibre millénaire, aucun des deux camps ne devenant du coup trop puissant.
Ce qu’ils savent moins c’est que parfois une de ces victimes de la Guerre Sanglante impact beaucoup plus les plans que l’on pourrait imaginer… »
Thauræl le Judicateur était un puissant Solar du Mont Céleste, un de mes commandeurs des légions du bien.
Il commandait la légion des Repenteurs, une unité spécialisé dans les excursions dans les plans où les légions de démons ou de diables menaçaient la paix et l’équilibre à cause de leur guerre sanglante, en particulier en Ysgard, en Achéron, en Pandémonium et en Géhenne. Comme l’une des nombreuses fois passée, Thauræl fût missionné un jour en Ysgard afin de détruire une armée de diables en train de ravager la Plaine D’Ida, car leurs adversaires premiers, les démons des Abysses n’avaient pas daigné se présenter sur le champ de bataille.
Le contingent de Thauræl détruit rapidement cette menace et tous les diables furent tués et leurs esprits bannis du plan afin qu’ils ne bénéficient pas de la résurrection du plan. Tous sauf un. Ou plutôt une. En effet Thauræl captura une fiélonne, une Erinye. Nommée Nimilline, elle devait être la messagère entre le général de l’armée des diables et Baator lors du conflit supposé qui devait se dérouler en Ysgard.
Nimilline implora la pitié alors que l’épée de Thauræl allait s’abattre sur elle, annonçant qu’elle n’était pour rien sur sa condition et qu’elle en était victime, esclave qu’elle était. Vérité ou mensonge, nul ne saurait le dire, néanmoins Thauræl, dans un geste de compassion, accorda un sursis à la créature et lui annonça qu’elle serait ramenée au Mont Céleste afin d’être jugée pour ses fautes et expiée de ses péchés afin de peut-être connaitre le chemin de la rédemption. Le Commandeur reparti donc avec sa prisonnière rejoindre le point de rendez-vous avec le reste de ses troupes pour repartir au Mont Céleste.
Tout aurait pu s’arrêter là, mais les mécanismes du Multivers sont souvent incompréhensibles et alors qu’ils se reposaient, les anges furent attaqués par une troupe de démons.
Cette troupe, dirigée par Naghodom, un démon serviteur du Prince Noir, ne s’était pas rangée au côté de leur général qui avait décidé d’attendre avant de se rendre en Ysgard pour affronter les diables. Faisant scission ils débarquèrent sur Ysgard peu de temps après que leur adversaire premier fut massacré par les devas. Les démons furent excités en voyant le champ de bataille et décidèrent à leur tour d’en profiter et se mirent en chasse, à la poursuite des devas. Ils leur tombèrent dessus par surprise, avec force et furie, prêt à savourer le carnage. En quelques minutes les anges perdirent plus des deux tiers de leur troupe, et le reste se fit déborder rapidement.
Thauræl tua de nombreux démons avant de s’effondrer, mourant. Nimilline profita du chaos ambiant pour s’échapper. Elle trouva un endroit pour se réfugier.
Lorsque Thauræl tomba sous les coups il vit la fiélonne cachée sous un rocher mais n’en laissa rien paraitre. Le combat se déplaça un peu et au moment où Nimilline allait sortir pour définitivement s’échapper, un des démons, déjà en train de faire les poches des anges, lui tomba dessus.
La lutte fût brève et rapidement Nimilline dû se soumettre, se préparant au pire, et ce n’était visiblement pas la mort… C’est alors que la tête du démon roula, coupée par l’épée de Thauræl, qui dans un dernier sursaut, empêcha un tel crime, quel que soit la créature qui le subit, fusse-t-elle mauvaise.
Nimilline fit alors un des gestes les plus incompréhensible de cette histoire : Elle prit Thauræl sous le bras et le traina jusqu’à une anfractuosité rocheuse et ils s’y cachèrent jusqu’à ce que les démons, repu de leur massacre, repartent vers d’autres carnages. Pendant plusieurs heures, alors que le Solar agonisait, Nimilline resta cachée avec lui, apeuré qu’elle était que les démons lui tombent dessus une nouvelle fois.
C’est lorsque le petit matin arriva que le destin de l’Erinye et du Solar changea définitivement. Ils se réveillèrent dans les bras l’un de l’autre et la stupéfaction, teinte de désir, de compréhension et d’empathie les saisirent. Ils se regardèrent longuement et il passa au travers de leurs yeux bien plus que toutes les conversations qu’ils auraient pu avoir.
C’est alors qu’un tumulte venu de plus loin les rappela à la réalité : on était en train de se battre non loin de là.
Complétement rétabli, Thauræl sorti et découvrit une nouvelle scène de bataille entre ses devas et les démons. Car voilà la force du plan D’Ysgard, tous les combattants morts au combat sur le plan dans la journée se réveillent le lendemain, ayant bénéficié d’une résurrection suprême. Thauræl chargea au cœur de la mêlée, sous les yeux affolés de Nimilline, à nouveau terrorisée qu’elle était par la vision des démons lubriques enragés.
Et elle eut bien raison d’avoir peur, car elle se fit capturée par un des démons, alors que ceux-ci se repliaient. Entendant les cris de Nimilline Thauræl vola à son secours, mais les démons étaient bien décidés à avoir un butin à partager et s’évertuèrent à l’en empêcher. Alors que Thauræl exhortait ses anges à venir l’aider il s’arrêta et, pour la première fois de sa vie, il fût assailli par le doute. Visiblement les devas n’étaient pas très enclins à l’aider elle, mais surtout à l’aider lui ! Il rappela qu’il était le chef de la patrouille et leur ordonna une nouvelle fois de poursuivre les démons. Il lut la perplexité dans le regard de ses compagnons. Certains émirent clairement des réserves sur l’intérêt de cette « mission ».
Ce fût quand les paroles ne furent plus suffisantes et qu’ils tentèrent de le retenir physiquement que la rage monta en Thauræl. D’un violent mouvement il envoya au tapis trois d’entre eux et les maudits d’avoir trahie leur foi -celle d’aider les faibles- et leur Commandeur. Thauræl se mit alors en chasse et retrouva rapidement les démons. Mais tout puissant qu’il était, il n’était pas de taille à les affronter tous. Et c’est sous les yeux effrayés et pleins de tristesse de Nimilline que Thauræl succomba une nouvelle fois et fût capturé.
Les reste de l’histoire est un peu plus flou à partir de là, en tout cas de ce que j’en sais…
Je sais juste que pendant plusieurs jours Thauræl fût torturé abominablement, le laissant quasi mort, et ramené au côté de Nimilline. A chaque fois l’Erinye prit soin du Solar et s’occupa de lui avec les très maigres moyens qu’elle avait à disposition. Parfois Thauræl succombait, mais le lendemain matin il se réveillait de nouveau en pleine possession de ses moyens.
Et il est établit qu’une idylle entre ces deux êtres était en train de naître….
C’est ainsi qu’au fils des semaines puis des mois de tortures Thauræl et Nimilline entreprirent une relation amoureuse, de plus en plus charnelle. Lentement l’alignement du Solar dévia et de Loyal Bon, il devint un être Loyal neutre, de même que Nimilline était une créature neutre mauvaise, elle glissa vers une simple neutralité.
C’est quand Naghodom eu vent de paroles entre les deux êtres qu’il sut que son plan était arrivé à maturité : ils s’étaient promis l’un à l’autre, pour la vie !
La troupe et ses deux prisonniers se mirent alors en route pour les Abysses. Une fois arrivé dans les Abysses Naghodom se présenta, rampant, devant Graz’zt, le Prince Noir, Seigneur des quarante-cinquième, quarante-sixième et quarante-septième strates de Abysses. Il se repenti d’avoir désobéit à son général, mais jurant que c’était pour la cause toute dévoué de son Seigneur et Maitre, et qu’il avait un merveilleux cadeau à lui offrir.
Graz’zt, avant de châtier, est toujours prêt à recevoir un présent et accorda à Naghodom un sursis en attendant. Il fût très surpris et plus qu’agréablement, quand il vit l’Ange et l’Erinye. Graz’zt se délecta encore plus quand Naghodom lui raconta en détail l’idylle entre les deux êtres. Graz’zt était ravie et accorda son « pardon » à Naghodom et lui octroya même une promotion dans ses armées.
Graz’zt se mit alors en tête de pervertir le Solar afin d’en faire un serviteur dévoué qui pourrait lui servir dans sa future conquête des Abysses. Et quel trophée d’avoir un Solar déchu à ses côtés ! Il entreprit dans un premier temps de briser physiquement l’ange, à coup de torture, d’empoisonnement et de privations. Le corps de Thauræl ne devint plus qu’une forme rabougrie et déformé de ce qu’il avait été.
Ensuite il tenta de le briser psychologiquement et le meilleur moyen de l’atteindre était par le biais de l’Erinye. Elle fût magiquement charmée et Graz’zt fit en sorte que les deux amoureux se rencontrent et qu’elle le rejette.
Mais il fût grandement contrarié de voir que cela ne fonctionnait pas ! L’amour une fois de plus avait triomphé. La haine monta en lui quand il vit Nimilline étreindre amoureusement le Solar. D’autant que l’un comme l’autre avait jusque-là refusé de se soumettre et de rejoindre ses rangs. Graz’zt en eu assez de tout ce cinéma et décida d’y mettre un terme. Et de la façon la plus sanglante possible de préférence.
Il organisa alors un rituel des plus horribles, où la perversion et le sadisme atteindraient leur point culminant.
Nimilline fût mise à nue et attachée de la façon la plus dégradante possible sur une estrade et face à elle fût attaché Thauræl, dans son armure cabossée avec son épée et son bouclier. Il s’en suivit des jours de torture sur l’ange et de sévices sexuels sur l’Erinye. Thauræl ne put que contempler dans toute son horreur les démons lubriques en train de s’acharner sur Nimilline, lui arrachant cris de douleur et de désespoir. Nimilline, elle, voyait la haine, la rage et la souffrance emplir le regard de Thauræl. Enfin le corps de Nimilline fût brisé et ses dernières paroles furent pour Thauræl.
Le cri que poussa à ce moment-là Thauræl fût si puissant et empreint de douleur que tous les démons s’arrêtèrent un instant. Le corps de Nimilline fût finalement détaché et jeté dans une fosse commune, sous le regard perdu de Thauræl. Graz’zt se présenta alors devant l’ange et avec un rire sardonique lui présenta ses excuses, et le transperça de son épée à deux mains maudite. Il ordonna que le corps de l’ange soit jeté loin de son domaine. Le Corps de Thauræl fût amené jusqu’à la trois cents trente-troisième strate des Abysses, Les Landes de la Malédiction et du Désespoir, jeté dans un marais saumâtre de boue putride, le corps de Thauræl se vida de son énergie vitale, pendant que son esprit s’en allait lentement en pensant à Nimilline…
Cependant la haine et la rage de Thauræl le raccrochait inexorablement à la vie et dans un dernier soubresaut il maudit les démons, les diables, mais aussi les anges et implora quiconque pouvait l’entendre de lui donner une chance de se venger.
Et c’est là que la dernière pièce de l’engrenage de la Grande Roue se mit en place pour changer le Multivers.
Talona, la déesse mineure de la maladie et de la souffrance entendit l’appel de l’ange et se présenta à lui. En effet personne n’avait fait attention au fait que le marais en question n’était rien d’autre que le Domaine de la Déesse... Talona se réjouit de sa découverte et après avoir fait promettre à l’ange son honneur et son âme à la déesse, elle donna à Thauræl une partie de ses pouvoirs.
C’est à ce moment que Thauræl le Judicateur devint Thauræl le dessiccateur, Hérault de la Souillure.
L’ange déchu prêta serment solennel à la déesse et cette dernière, après lui avoir rappelé son devoir de propagation de la maladie partout dans le multivers lui autorisa à partir en quête de ses ennemis afin d’assouvir sa vengeance. Son corps décharné, horriblement muté et empoisonné secrétait des relents acides de pourritures fongiques. Maladies, pourritures, moisissures, parasites, pestilence et souffrance devinrent les supports de base des nouveaux pouvoirs de Thauræl le Dessiccateur Devenu un quasi-dieu Thauræl reforgea son armure, son arme et son bouclier souillé de la fange des marais méphitique de la strate de Juiblex. Il leur octroya maints pouvoirs et effets, dont un de résonnance particulièrement délétère et méphitique ainsi qu’une semi-conscience maléfique, issue de son esprit même. Pendant plusieurs années je n’entendis plus parler de Thauræl, pour nous il était tombé au champ d’honneur…et il tomba presque dans l’oubli.
C’est Juiblex, le premier, qui commença à recevoir des informations sur une créature étrange qui arpentait son fief, à priori entrainant une longue suite de créatures diverses. Juiblex n’est intéressé intrinsèquement que par le chaos et la destruction donc il ne tint pas vraiment rigueur du désordre semé dans sa strate. Mais il aurait dû, car au fil de mois Thauræl rassembla une vaste armée de vases, de limons, de démons souillés et de mort-vivants corrompus.
Thauræl mobilisa un soir toutes ses troupes et commença à remonter les strates des Abysses avec la ferme intention d’écraser de sa propre mains la trachée de Graz’zt. Démogorgon, le Seigneur des Abysses avait eu bien évidement vent des agissements de Thauræl et avait aussi eu l’information que Graz’zt était sa cible. Il décida donc de laisser Thauræl aller détruire son principal rival dans les Abysses, avant de s’occuper de lui. Voilà comment Le Solar déchu pu aussi facilement, et sans trop de résistance, traverser autant de strates. Ce fût néanmoins une erreur tactique de la part de Démogorgon.
Premièrement à chaque strate franchie par Thauræl son armée grossissait, et pas que de menu fretin, parfois de puissants démons.
Deuxièmement les informations de Démogorgon étaient incomplètes : certes Thauræl voulait tuer Graz’zt, mais il voulait également éradiquer les démons, les diables et les anges. Mais ça, nous ne le saurions que bien trop tard…
Enfin le Seigneur des Abysses était loin d’imaginer que la haine et le désir de vengeance de Thauræl était aussi puissant et qu’il faisait des choses qu’un esprit réfléchit et sain -même retors- n’aurait pu prévoir. C’est ainsi qu’en quelques semaines Thauræl se présenta en Azzagrat, fort de près d’un million de créatures et commença le siège de Zélatar, la capitale du royaume de Graz’zt.
Thauræl réclamait la tête de Graz’zt et promis carnage et souffrance si il ne lui était pas livré. Bien évidemment les démons rirent à gorge déployé et renvoyèrent d’un revers de main la demande de Thauræl et lâchèrent ensuite leur troupe. C’est après plusieurs jours de lutte et de massacre que les généraux démons qui défendaient la cité se décidèrent à reconsidérer la demande de Thauræl et demandèrent un cessez-le-feu avec une entrevue.
Thauræl se présenta seul au conciliabule au grand étonnement des généraux, beaucoup furent saisit de terreur. Un en particulier, car Naghodom était parmi eux. Thauræl n’avait pas oublié ce démon et le hurlement de rage qu’il poussa pétrifia même le plus puissant des tanar’ri alors qu’il abattait son épée sur la tête de Naghodom. La lame de l’épée de Thauræl encore souillée du sang du démon, le Solar déchu mis un genou à terre et se mit à pleurer. Les démons, interloqués ne surent quoi faire. C’est un des aides de camp du Seigneur-Général démon qui comprit qui était Thauræl.
Il utilisa toute la diplomatie possible pour avouer à Thauræl qu’ils ne pouvaient accéder à sa requête car Graz’zt était parti faire la guerre dans un autre plan, avec une partie de son armée. Visiblement la réponse ne plut pas du tout à Thauræl mais avant qu’il puisse faire ou dire quelque chose l’aide de camp proposa un échange : contre une « paix » entre la cité et le Solar déchu, il lui proposait de mettre tout en œuvre pour que les démons lui rendent la dépouille de sa bien-aimée. Chose impossible s’il décidait de raser la ville.
Alors que l’image du Solar et de l’Erinye revenait en tête de la plupart des généraux, certains ayant même participé à la cérémonie, Thauræl se releva. Il ne s’attendait pas à ça, que quelqu’un le reconnaisse et lui propose une telle chose.
Il n’avait tout simplement pas pensé à récupérer le corps de Nimilline.
Thauræl accepta la proposition de l’aide de camp : il donna neufs jours aux démons pour lui ramener la dépouille de Nimilline. Il demanda aussi la tête des démons ayant participé à la cérémonie et qui avaient à présent des postes importants, ainsi qu’un butin équivalent à un million de pièces d’or provenant uniquement des biens propres de Graz’zt.
Les démons acceptèrent à contrecœur mais ils y furent obligés, car en plus de la menace de Thauræl leurs espions avaient identifié que les yeux de certains ennemis de Graz’zt étaient également tournés vers eux, en particulier ceux de Démogorgon. C’est au bout du sixième jour que les démons apportèrent la dépouille de Nimilline, ainsi que les deux autres butins demandés : un chargement pour un million de pièces d’or et vingt-sept têtes de démons.
Thauræl étreignit pendant plusieurs heures le corps de son amour perdu en pleurant et maudissant le monde, car bien sûr, pour l’Erinye, aucune résurrection n’était possible. Pendant les jours suivants, alors que les démons attendaient nerveusement qu’il s’en aille avec son armée, Thauræl construisit un sarcophage pour sa bien-aimée. Un hallucinant mélange de beauté baroque et de laideur souillée où pierres précieuse étaient mélangées avec des os et de la rouille, et où l’or et l’argent était assemblé avec une sorte de mucus pestilentiel et de bois rongé par les moisissures. Une fois terminé le dernier sanctuaire pour l’Erynie Thauræl leva le siège de Zélatar et non sans avoir demandé où était Graz’zt, parti avec ses troupes à sa rencontre.
Ainsi Thauræl débarqua en Pandémonium sur les traces de Graz’zt. Le prince démon était en train d’affronter une horde de diable dans une des multiples cavernes gigantesques du plan. Les deux armées furent surprises de voir un nouvel adversaire qui ne faisait aucune différence entre démon ou diable. La percée des troupes de Thauræl au cœur de l’armée démoniaque fut brutale et rapide. Graz’zt dû user de tout son pouvoir sur ses troupes pour éviter leur éparpillement et la dislocation de son armée. Les Diables ne purent même pas tirer avantage de la déconfiture des démons, eux-mêmes submergés qu’ils étaient par la horde de Thauræl.
Thauræl chargea au cœur du commandement démon, ciblant sans aucune retenue sa rancœur ultime : Graz’zt. Ce dernier laissa ses généraux se faire massacrer le temps qu’il lance un « changement de plan » et s’échappa, à la plus grande colère de Thauræl. Il s’en suivit des jours de carnage : démons, diables, puissants, faibles, vermines, morts-vivants, vases… Tout y passait. A chaque fois les corps étaient corrompus et souillés par la maladie et la pourriture pour être intégré à l’armée de Thauræl. En onze jours l’armée du Solar déchu avait doublé pour atteindre près de deux millions de soldats.
La nouvelle d’un nouveau Seigneur-démon bottant les fesses de Graz’zt arriva jusqu’à moi et, des premiers rapports que j’avais c’était une bonne chose. Thauræl établit alors son quartier général sur les cendres et les os du champ de bataille et après quelques semaines envoya à travers le multivers des éclaireurs afin de localiser Graz’zt.
Le prince démon était entre temps retourné dans son palais et avait appris de la bouche de ses serviteurs l’identité de son agresseur mystérieux. Graz’zt pris peur -à juste titre- pour sa vie et son pouvoir. Il se doutait que Démogorgon ne lèverait pas le petit doigt pour l’aider si Thauræl revenait. Graz’zt entrepris alors de se cacher, le temps de trouver la faille qui pourrait lui permettre de vaincre cet adversaire.
De ce fait les agents de Thauræl n’arrivaient pas à trouver des indices permettant de localiser Graz’zt. La rage de Thauræl se transforma petit-à-petit en frustration, puis en obsession et enfin en folie pure. Il se remit en marche avec sa gigantesque armée et entrepris de tout ravager sur son passage tant qu’il ne trouverait pas Graz’zt. De nouveau, démons, diables, yugoloth mais aussi anges, planaires, primaires, tout ce qui croisait la route de Thauræl finissait par être tuer et étoffer les rangs de sa horde.
Pendant plusieurs mois les plans inférieurs, mais aussi à de rare occasion d’autres plans furent écumé par la horde de Thauræl.
Pour le reste je suis plus sûr de moi… Vous savez que j’y ai participer…
La horde de Thauræl se retrouva prit entre une armée de démons, une armée de diables, une armée yugoloths et mon armée sur le plan des Carcères. Les fondements même du Multivers tremblèrent sous le choc de notre rencontre. La horde de Thauræl fût finalement vaincue et le Solar déchu se retrouva face aux généraux des différentes armées.
Et ce n’était pas des moindres. Face à Thauræl se trouvait, Démogorgon le prince des démons, Seigneur des Abysses Asmodée, Seigneur du neuvième et du Prince Ultroloth Mydianchalrus et moi-même, Barachiel le messager, représentant et Commandeur en chef de l’armée des anges.
La Folie de Thauræl ne lui permis pas d’appréhender le fait que le combat était perdu d’avance et il nous chargea avec férocité. Malgré notre puissance nous eûmes beaucoup de mal à vaincre Thauræl. Quoiqu’il en soit Thauræl fût finalement vaincu. Nous nous sommes alors regardé sans parler pour arriver à la même conclusion : Il ne fallait pas que Thauræl revienne, tout être divin qu’il était.
Nous avons décidé, comme vous le savez, de disperser ses restes, son équipement compris à travers le multivers afin que personne ne puisse les retrouver et entamer un rituel de résurrection. Car mêmes nous, nous n’avons pas le pouvoir de détruire définitivement un Dieu.
- J’ai pris le heaume, les jambières, le plastron, et le gorgerin.
- Asmodée prit l’épée, les bottes, dont je sais qu’elles ont été récupérées par vos ennemis. Ensuite il récupéra le sang de Thauræl dans une fiole, et la manifestation de sa force.
- Démogorgon prit la ceinture, le bouclier. Il entreprit alors de récupérer le cœur et les os du corps de Thauræl.
- Enfin Mydianchalrus prit la cape et les ailes. Il s’empressa alors de s’approprier l’âme et l’esprit de Thauræl.
Nous entreprîmes également de décimer le reste de ses armées et une fois les différents éléments récupérés dispersés à travers le Multivers nous nous évertuâmes à effacer toute trace de son existence, dans les livres, les mémoires et les faits.
Ainsi pris fin l’existence même de Thauræl, un champion déchu, au nom de l’amour… Mais il est un fait que personne n’avait pensé à prendre en compte : le Multivers est régi par la Loi et le chaos et le temps dans un subtil équilibre.
En ce qui concerne la Loi, elle doit être appliquée à chaque fois qu’elle doit l’être.
En l’occurrence tous ces événements, en particulier la fin de Thauræl et la dispersion de ses restes fût relaté par un Inéluctable du nom de Mésozéphere dans un Parchemin Noir d’Ahm. Même si l’Inéluctable savait que ces connaissances impies feraient mieux d’être oubliés, la Loi lui imposait de le faire.
C’est donc ainsi qu’il y a eu possibilité de tomber sur un de ces parchemins qui vous a permis de déterrer toute cette histoire.
Et de mettre à nouveau en péril le Multivers…
